Comment choisir son arbre fruitier ?

Il est important d’avoir une idée assez précise du projet global ainsi que des conditions disponibles pour le réaliser. De là découleront vos choix dans l’ensemble des points suivants.

1. Quelle place avez-vous ? Le choix du porte-greffe

Le porte-greffe correspond à la partie basse de l’arbre, comprenant les racines et une partie du tronc, sur laquelle est greffée la variété que vous avez choisie. Il influence notamment la vigueur de l’arbre, son développement, sa mise à fruit et son adaptation au terrain.

Par exemple, un même pommier peut avoir un développement très différent selon qu’il est greffé sur un porte-greffe de faible vigueur ou sur un porte-greffe vigoureux.

D’où l’importance de bien réfléchir à votre projet. Si vous disposez d’un petit terrain, choisir des arbres sur des porte-greffes nanifiants vous permettra de planter davantage d’arbres et donc de profiter d’un plus grand nombre de variétés.

Dans les grands espaces, il peut également être intéressant de combiner des arbres sur porte-greffes nanifiants avec des arbres greffés sur franc. Les arbres nanifiants peuvent être plantés temporairement entre les arbres de grand développement : ils entreront en production plus rapidement pendant que les arbres sur franc prendront progressivement leur place. Une fois ces derniers suffisamment développés et productifs, les arbres nanifiants pourront être supprimés afin de leur redonner l’espace nécessaire.

De nombreuses combinaisons sont donc possibles selon la surface disponible, le nombre de variétés souhaité et la manière dont vous envisagez votre verger à long terme.

2. Choisir les fruits que vous aimez

Cela paraît évident, mais c’est le meilleur point de départ. Pommes, poires, prunes, cerises, pêches, figues… avant de réfléchir aux variétés, demandez-vous simplement quels fruits vous avez réellement envie de récolter et de manger.

Si vous plantez plusieurs arbres, la diversité est particulièrement intéressante. Elle permet non seulement de profiter de différents fruits, mais également d’étaler les récoltes sur une grande partie de l’année.

Plutôt que de planter cinq pommiers produisant tous au même moment, on peut par exemple choisir plusieurs variétés aux périodes de récolte différentes.

3. À quelle période souhaitez-vous récolter ?

Toutes les variétés ne mûrissent pas en même temps, loin de là.

Lorsque vous plantez plusieurs arbres, échelonner les périodes de récolte permet de profiter de fruits sur une longue période plutôt que de tout récolter en même temps.

Il peut également être intéressant d’échelonner les différentes espèces. Par exemple, si en plein été vous croulez déjà sous les pêches, nectarines et brugnons, vous n’aurez peut-être pas envie ou besoin de récolter également beaucoup de pommes à cette période. Dans ce cas, il peut être judicieux de privilégier des pommes plus tardives, que vous pourrez consommer en automne et en hiver.

Votre rythme de vie est également à prendre en compte. Si vous habitez en ville et plantez des fruitiers dans votre maison de campagne, pensez à choisir vos variétés en fonction de vos périodes de présence sur place, afin d’être là au bon moment pour récolter et profiter de vos fruits.

Sur notre site, vous pouvez utiliser le filtre « Récolte » pour sélectionner facilement les variétés selon leur période de maturité.

4. Conservation des fruits

Certaines variétés doivent être mangées rapidement après la récolte. D’autres, notamment parmi les pommes et les poires, peuvent se conserver plusieurs mois dans de bonnes conditions.

Si votre objectif est de produire une partie de vos fruits pour l’hiver, pensez donc à intégrer des variétés de garde dans votre verger.

À l’inverse, les variétés précoces et estivales sont très intéressantes pour commencer à profiter des fruits frais beaucoup plus tôt dans la saison. L’idéal est souvent de combiner les deux.

La plupart des fruits peuvent néanmoins être transformés ou congelés afin de prolonger leur durée de conservation. Cependant, ces opérations peuvent être chronophages et parfois fastidieuses. C’est donc également un élément à prendre en compte lors du choix de vos variétés.

5. L’usage : à croquer, à cuire, en jus…

Toutes les variétés n’ont pas les mêmes qualités ni les mêmes usages, même si certaines sont polyvalentes et excellentes dans plusieurs domaines. Certaines sont particulièrement agréables à croquer, tandis que d’autres révèlent tout leur intérêt en compote, pâtisserie, cuisson ou jus.

Sur les fiches de nos variétés, nous indiquons les principaux usages des fruits afin de vous aider à faire votre choix.

6. La pollinisation

C’est un point essentiel et parfois oublié lors de la plantation d’un verger.

Les variétés autofertiles peuvent produire des fruits seules. Cependant, elles sont souvent plus productives lorsqu’une autre variété compatible est présente à proximité, favorisant ainsi la pollinisation croisée. D’autres nécessitent la présence d’une autre variété compatible fleurissant approximativement à la même période pour assurer une bonne pollinisation.

Lorsque plusieurs arbres fruitiers sont déjà présents chez vous ou à proximité, des pollinisateurs peuvent également être présents dans l’environnement.

Pour chaque variété, pensez donc à consulter les informations concernant la pollinisation et la période de floraison.

7. Choisissez un arbre adapté à votre terrain et à votre climat

Un arbre fruitier est destiné à rester en place pendant de nombreuses années. Il est donc important de lui offrir le plus possible des conditions adaptées.

Il faut notamment tenir compte de la nature du sol, de l’humidité du terrain, de l’exposition, de la rusticité de l’espèce et du risque de gelées tardives.

Dans notre région, la résistance au froid n’est d’ailleurs pas le seul élément important. Une variété à floraison très précoce peut être davantage exposée aux gelées printanières dans certaines situations. Il peut être intéressant de positionner un arbre proche d’un mur pour le protéger.

Dans les secteurs régulièrement touchés par les gelées tardives, choisir des variétés à floraison plus tardive peut donc être particulièrement intéressant.

Aux Racines Carrées, nous cherchons à proposer des espèces et des variétés adaptées à notre région et à son climat. Nous accordons notamment une place importante aux variétés anciennes et locales, dont certaines sont cultivées depuis longtemps dans le Limousin.

8. Scion, arbre préformé ou arbre tige : que choisir ?

Un scion d’un an est un jeune arbre non ramifié. Il offre une grande liberté pour construire progressivement la forme souhaitée, mais demande généralement un peu plus d’attention et de travail de formation durant les premières années.

Un arbre préformé est plus âgé et possède déjà un début de ramification. Il permet de partir avec une structure déjà amorcée et facilite ainsi la formation future de l’arbre.

Un arbre tige possède quant à lui un tronc dégagé, avec les premières charpentières situées plus haut. Il est particulièrement adapté lorsque l’on souhaite pouvoir circuler plus facilement sous l’arbre ou obtenir à terme un arbre avec une couronne plus haute.

Le choix dépend donc principalement de votre projet, de la forme souhaitée, de l’utilisation de l’espace et de votre budget. Un jeune scion sera généralement plus économique, tandis qu’un arbre déjà formé demandera un investissement plus important mais vous fera gagner plusieurs années de formation.

Vous hésitez encore ?

Il n’existe pas une variété idéale pour tout le monde. Le bon choix dépend avant tout de votre terrain, de vos envies, de l’espace disponible et de la manière dont vous souhaitez profiter de vos récoltes.

Pour vous aider, vous pouvez utiliser les différents filtres disponibles dans nos catégories : période de récolte, floraison, conservation, utilisation, porte-greffe… Vous trouverez également toutes les informations utiles dans les fiches descriptives de chaque variété.

Et si malgré tout vous avez du mal à choisir, vous pouvez bien sûr nous contacter par mail ou réserver un rappel téléphonique. Nous pourrons échanger sur votre projet et vous aider à sélectionner les arbres les plus adaptés à vos besoins.

Choisir le porte-greffe de son arbre fruitier

1. Qu’est-ce qu’un porte-greffe ?

La plupart des arbres fruitiers que vous achetez en pépinière sont greffés. Ils sont donc constitués de deux parties : le porte-greffe et la variété.

Le porte-greffe constitue la partie basse de l’arbre : il forme le système racinaire et une partie du tronc. Sur celui-ci est greffée la variété que l’on souhaite cultiver et dont vous récolterez les fruits.

Le choix du porte-greffe est particulièrement important, car il influence de nombreuses caractéristiques de l’arbre : sa vigueur, son développement, sa vitesse de mise à fruit, son système racinaire et son adaptation aux différentes conditions de sol.

Ainsi, une même variété peut donner des arbres très différents selon le porte-greffe utilisé. Un pommier greffé sur un porte-greffe nanifiant pourra rester relativement petit et produire rapidement, tandis que la même variété greffée sur un porte-greffe très vigoureux pourra devenir un arbre beaucoup plus imposant.

Choisir une variété, c’est donc choisir les fruits que vous souhaitez récolter. Choisir le porte-greffe, c’est en grande partie choisir l’arbre qui les portera.

2. La place disponible : le premier critère

La place dont vous disposez est l’un des premiers éléments à prendre en compte pour choisir votre porte-greffe. Celui-ci influence directement la vigueur et donc le développement futur de votre arbre.

Dans un petit jardin, un porte-greffe de faible vigueur permet de conserver des arbres plus petits et de réduire les distances de plantation. Il devient alors possible de planter davantage d’arbres sur une même surface et ainsi de profiter d’un plus grand nombre de variétés.

À l’inverse, si vous disposez d’un grand terrain et souhaitez obtenir de grands arbres fruitiers, des porte-greffes plus vigoureux seront généralement plus adaptés. Ils nécessitent davantage d’espace entre les arbres pour pouvoir se développer correctement.

Il faut donc essayer de penser votre plantation à long terme. Un jeune arbre occupe très peu de place lors de sa plantation, mais son développement peut être considérable au fil des années.

Le choix dépend finalement de votre objectif : souhaitez-vous plusieurs petits arbres avec une grande diversité de variétés, ou moins d’arbres mais avec un développement beaucoup plus important ?

Il est également tout à fait possible de combiner différentes vigueurs de porte-greffes dans un même verger afin d’adapter chaque arbre à l’espace disponible et à votre projet.

3. Porte-greffe nanifiant, semi-vigoureux ou vigoureux ?

Les porte-greffes peuvent être classés en différentes catégories selon leur vigueur, c’est-à-dire leur capacité à influencer le développement de l’arbre.

Un porte-greffe nanifiant limite fortement le développement de l’arbre. Il permet d’obtenir des arbres plus petits, adaptés aux espaces réduits et aux plantations plus denses. Leur faible hauteur facilite également la taille, l’entretien et la récolte des fruits.

Les porte-greffes semi-vigoureux représentent un intermédiaire. Ils permettent d’obtenir des arbres de taille moyenne tout en conservant une bonne vigueur. Ils constituent souvent un compromis intéressant pour les jardins et vergers familiaux.

Enfin, les porte-greffes vigoureux, et notamment les francs issus de semis, permettent aux arbres d’atteindre un développement beaucoup plus important. Ils sont particulièrement adaptés aux grands espaces et aux projets où l’on souhaite obtenir de grands arbres fruitiers à long terme.

Il faut toutefois garder à l’esprit que ces catégories donnent une indication générale. La taille définitive d’un arbre ne dépend pas uniquement de son porte-greffe : la variété, la richesse du sol, le climat, l’alimentation en eau, la taille et la conduite de l’arbre auront également une influence sur son développement.

4. Le terrain et le type de sol

Le porte-greffe constitue le système racinaire de votre arbre et joue donc un rôle important dans son adaptation au terrain.

Tous les porte-greffes n’ont pas les mêmes exigences. Certains sont mieux adaptés aux sols profonds et fertiles, tandis que d’autres supportent davantage les sols pauvres, secs, humides ou calcaires.

Un porte-greffe parfaitement adapté à un terrain peut être beaucoup moins intéressant dans un autre. Le choix doit donc toujours être fait en fonction de votre projet, mais aussi des conditions réelles dans lesquelles l’arbre devra pousser.

5. La vitesse de mise à fruit

Le choix du porte-greffe influence également la vitesse de mise à fruit.

De manière générale, les arbres greffés sur des porte-greffes de faible vigueur entrent en production plus rapidement. Leur énergie est davantage orientée vers la fructification que vers la formation d’un grand volume de bois.

6. La durée de vie

Le porte-greffe influence également la longévité potentielle de l’arbre.

De manière générale, les arbres greffés sur des porte-greffes de faible vigueur ont une durée de vie plus limitée. Ils entrent rapidement en production et restent faciles à entretenir, mais leur système racinaire et leur développement plus réduits les rendent souvent plus dépendants des soins apportés au verger.

7. Tuteurage, arrosage et entretien

Tous les porte-greffes n’ont pas la même autonomie ni les mêmes besoins. La vigueur et le développement du système racinaire influencent directement l’ancrage de l’arbre, sa capacité à aller chercher l’eau et les éléments nutritifs dans le sol.

Les porte-greffes de faible vigueur possèdent généralement un système racinaire moins développé. Selon le porte-greffe, ils peuvent nécessiter un tuteurage, parfois durable, ainsi qu’une attention plus importante concernant l’arrosage, particulièrement pendant les premières années et lors des périodes sèches.

8. Il n’existe pas de porte-greffe idéal

Il n’existe pas un porte-greffe meilleur que les autres. Chaque porte-greffe répond à des besoins différents et doit être choisi en fonction de votre projet.

Le choix du porte-greffe est donc avant tout une question de compromis entre vos envies, votre terrain et votre manière d’imaginer votre verger.

Sur notre site, le porte-greffe utilisé est indiqué sur nos arbres et vous pouvez utiliser nos filtres par porte-greffe pour faciliter votre recherche.

9.Tableau récapitulatif de nos porte-greffes

Les dimensions indiquées sont des ordres de grandeur. Le développement définitif d’un arbre dépend également de la variété, du sol, du climat, de l’alimentation en eau, de la taille et de nombreux autres facteurs.

EspècePorte-greffeHauteur indicativeVigueurMise à fruitPrincipales caractéristiques
AmandierPêcher4 à 6 mForteAssez rapideApprécie les sols drainés et les situations chaudes
AmandierMyrobolan4 à 6 mForteMoyenneVigoureux, intéressant notamment dans les sols plus lourds
AubépineAubépine (Crataegus)4 à 5 mMoyenneMoyenneTrès rustique, développement modéré
CerisierMaxMa 144 à 6 mMoyenneAssez rapideDéveloppement intermédiaire, bon compromis entre vigueur et encombrement
CerisierSainte-Lucie (Prunus mahaleb)4 à 6 mMoyenne à forteMoyenneAdapté aux sols drainants et calcaires, bonne tolérance aux conditions sèches
CerisierMerisier (Prunus avium)7 à 10 mTrès fortePlus lenteTrès vigoureux, grand développement, adapté aux grands espaces
ChâtaignierCastanea sativa10 à 15 m et +Très fortePlus lenteTrès grand développement, grande longévité, préfère les sols acides et drainants
NashiPyrus calleryana4 à 6 mMoyenne à forteMoyenneVigoureux et doté d’un bon développement racinaire
Pêcher / Nectarine / BrugnonPêcher3 à 5 mMoyenne à forteRapideApprécie particulièrement les sols drainés
NéflierAubépine (Crataegus)3 à 5 mFaible à moyenneMoyenneRustique, développement modéré
KakiDiospyros lotus4 à 6 mMoyenne à forteMoyenneRustique et vigoureux
PoirierFranc6 à 10 mTrès forteLenteGrand développement, bon ancrage et grande longévité
PoirierFarold 874 à 6 mMoyenne à forteMoyenneBonne vigueur, bon ancrage et résistance au feu bactérien
PommierFranc6 à 10 mTrès forteLenteGrand développement, adapté aux arbres de plein vent et grande longévité
PommierMM1115 à 7 mForteMoyenneVigoureux, bon ancrage et bonne autonomie une fois installé
PommierMM1064 à 5 mMoyenneAssez rapideBon compromis entre développement et rapidité de production
PommierM263 à 4 mFaibleRapidePetit développement, adapté aux espaces réduits mais demande davantage de suivi
PrunierMyrobolan (Prunus cerasifera)5 à 7 mForteMoyenneVigoureux, rustique et adaptable à de nombreux sols

Planter son arbre

La plantation 🪴

Choisir l’emplacement : lieu idéalement exposé et offrant suffisamment d’espace pour le développement futur de l’arbre.

Préparer le trou : environ 40 à 50 cm de profondeur et largeur, assez grand pour accueillir toutes les racines sans les plier.

Préparer les racines : couper proprement les extrémités abîmées ou cassées.

Praliner : tremper les racines dans un mélange terre + eau (et éventuellement compost bien mûr) pour favoriser la reprise.

Planter : placer l’arbre bien droit, étaler les racines, combler avec la terre extraite, tasser légèrement.

Tuteurage : conseillé les premières années pour protéger du vent.

Attention : évitez de planter et d’arroser juste avant des périodes de gel annoncées.

L’arrosage 💧

  • Après la plantation, réalisez un arrosage abondant afin de bien tasser la terre autour des racines.
  • Fréquence : abondant mais espacé, surtout la première année.
  • Quantité : privilégier un arrosage profond plutôt qu’un petit arrosage fréquent.
  • Astuce sécheresse : pailler davantage et arroser tôt le matin ou le soir.

💧 Rappel : la première année est cruciale pour l’enracinement.
🌳 Une fois bien implanté, l’arbre n’a plus besoin d’arrosage, sauf pour les variétés naines qui demandent parfois un suivi plus régulier.

Le paillage 🍂

Pourquoi pailler ?

  • Limite les mauvaises herbes
  • Garde l’humidité
  • Protège les racines du froid et de la chaleur

Quel paillage ?

  • Copeaux de bois, foin, paille, feuilles mortes, BRF, laines …
  • Privilégiez les matériaux gratuits et faciles à trouver : tontes de pelouse, feuilles ramassées à l’automne, copeaux issus de taille ou de broyage…

Comment pailler ?

  • Épaisseur : 10 à 15 cm
  • Laisser 5 cm autour du tronc sans paillage pour éviter l’humidité directe sur l’écorce

Entretien les premières années 🌿

  • Maintenir un bon paillage et surveiller les signes de soif (feuilles qui tombent ou jaunissent)

🔎 À vérifier de temps en temps :

  • Le tuteur, pour s’assurer qu’il reste bien en place.
  • L’attache, afin qu’elle ne soit pas trop serrée autour du tronc.
  • La protection anti-chevreuil, à maintenir ou ajuster si nécessaire.
  • Éviter les engrais chimiques, privilégier les apports organiques si besoin.
  • Tailler si nécessaire pour mettre l’arbre en forme ou éliminer les branches mal orientées ou abîmées.